Même si le développement médiatique donné à « l’affaire Jean-Paul SALEILLE » par le Maire de Pont Saint Esprit n’excuse pas sa gestion et l’état des finances de sa commune, il nous interroge fortement sur l’indépendance de cette juridiction qu’est la CRC composée pourtant de Magistrats assermentés

Anticor11

 

 

Édition du jeudi 23 septembre 2010 Midi Libre

 

Cour des comptes Le tir groupé des élus du camp Baumet

RAPPEL : Après la mise en examen de l’ex magistrat de la CRC, ils disent leur stupéfaction, dans un communiqué

Ils ont choisi une riposte en forme de tir groupé. Après la mise en examen de Jean-Paul Saleille, ex rapporteur de la chambre régionale de la cour des comptes, soupçonné d’avoir diffamé sur un blog, les conseillers municipaux de la majorité publient un communiqué.
Les conseillers municipaux fidèles au maire Gilbert Baumet promettent de donner une suite judiciaire à ce qui convient désormais d’appeler l’affaire Saleille. Les élus du camp majoritaire ont d’ores et déjà défini leur angle d’attaque : « Tous les avis émis et rédigés par ce magistrat pour être ensuite adoptés, manifestement sans aucun travail critique, par la collégialité, sont clairement aujourd’hui, et à l’évidence discrédités ».
La suite pourrait se jouer dans un nouveau face à face entre la municipalité et la

préfecture du Gard. « C’est sur la base des décisions de la CRC que le préfet a pris ses décisions budgétaires », souligne le communiqué. Le texte interpelle également la CRC Languedoc Roussillon : « Quand et comment a-t-elle appris la défaillance de son magistrat ? » Deuxième interrogation : « Le changement du conseiller rapporteur dans la procédure de Pont-Saint-Esprit est-il dû à la révélation de l’affaire ou bien, à la promotion de ce magistrat, à la présidence d’une section de la CRC Midi Pyrénées » ?
Les élus du camp majoritaire se demandent aussi « si la procédure disciplinaire, qui s’impose à l’évidence, a été entamée ». Ils s’étonnent que « la partialité du magistrat, relevée par les intervenants, n’ait pas attiré l’attention de la collégialité ». Les conseillers municipaux baumetistes semblent aussi s’inquiéter de la « désinvolture » dont les élus de la République auraient fait preuve, face à « ce qui constitue un événement grave dans le fonctionnement des institutions ».
Un texte pour dire leur stupéfaction d’apprendre « qu’un magistrat assermenté, tenait parallèlement à l’accomplissement de sa mission, un blog anonyme et injurieux, dans lequel il se suivrait à des attaques violentes contre la municipalité de Pont-Saint-Esprit ». Un « incroyable comportement », lit-on encore, de la part d’un rapporteur « qui n’a cessé ses activités occultes que lorsqu’il a été identifié ».
Les conseillers municipaux du camp du maire Gilbert Baumet s’indignent que la « poignée d’individus à l’origine de ces débordements ait bénéficié de la singulière complaisance des autorités administratives, et aussi, de la passivité des instances judiciaires ».