Les politiques sont friands de sondages, souvent pour mieux connaitre les souhaits de leurs administrés ou l’impact de la politique qu’ils mènent et ces sondages sont à juste titre commandés par les collectivités avec l’argent des contribuables puisqu’ils représentent un intérêt général évident.

Parfois aussi, les instituts de sondages sont amenés à faire des études sur les intentions de vote des électeurs ou sur la notoriété des élus ou des candidats et ils sont alors commandés et financés par les organes de presse qui y trouvent matière à communication ou par les élus et leur partis politiques qui adoptent à partir de résultats publiés ou confidentiels, une stratégie d’action et de communication dans leur intérêt propre.

Quelques fois, comme dans le cas des sondages commandés par l’Elysée  et payés avec l’argent des contribuables, des élus utilisent de l’argent public destiné à des action d’intérêt général pour financer des sondages qui n’intéressent que leur propre intérêt ou celui de leur parti politique.

La justice quand elle en est informée, est alors amenée à se pencher sur ces dérives, comme elle le fait actuellement dans l’affaire des sondages de l’Elysée révélée par un militant d’Anticor.

Ces documents montrent l’ampleur des négligences à l’origine du délit de favoritisme.

Convention des sondages « de l’Elysée »

Dans l’Aude, c’est un sondage révélé par des ‘élus de Narbonne et rendu public par la perspicacité d’un quotient local qui a alerté notre groupe local Anticor11.

Si l’on en croit l’enquête menée par le Midi Libre, le Conseil Général de l’Aude a commandé à l’institut VIAVOICE, un sondage semble-t-il litigieux pour un coût de 14 958, 20€ (ce sondage, à quelques euros près n’a pas nécessité d’appel d’offre qui n’est obligatoire qu’à partir de 15 000€).

Le Midi Libre s’interroge à juste titre sur la finalité de ce sondage qualifié pudiquement de « drôle » et « secret ».

En effet, la commande financée avec l’argent public du  Conseil Général de l’Aude s’intéresserait aussi à la notoriété de certaines personnalités qui n’ont aucun lien avec le Conseil Général de l’Aude, si ce n’est par leur appartenance au même parti politique.

sondages elysee cout

Leur « côte de popularité » à été discrètement étudiée à la loupe mais la convention n’est pas             encore disponible…Il s’agit:

Des Députés Jean-Claude PEREZ, Jean-Paul DUPRE et Marie Hélène FABRE, du Maire de Narbonne Jacques BASCOU, du Député Européen Eric ANDRIEU et du Président du Conseil Régional, Sénateur de Pyrénées Orientales Christian BOURQUIN.

Depuis le 26 novembre, date de la fin de ce discret sondage qui serait d’intérêt général, aucun résultat n’a été publié aux Audois qui l’ont financé.

Anticor11 a saisi sans succès pour l’instant, plusieurs responsable de l’institut de sondage VIAVOICE.

Ce manque de transparence est dommageable car il oblige  notre association à saisir le Président du Conseil Général de l’Aude qui va devoir nous communiquer (spontanément?) dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 (qui reconnait à toute personne le droit d’obtenir communication des documents détenus par une collectivité locale notamment), les documents demandés:

La convention d’étude conclue entre le CG11 et l’institut de sondage VIAVOICE, le questionnaire, la facture du sondage ainsi que les résultats.