Le Népotisme en politique.

Définition:  » En politique, le népotisme est caractérisé par les faveurs qu’un homme ou une femme au pouvoir montre envers leurs familles ou amis, sans considération du mérite ou de l’équité, de leurs aptitudes ou capacités. »

Une enquête de Médiapart sur le sujet, diffusée ci-dessous est édifiante et, si l’exemple pris est celui d’une « petite entreprise familiale socialiste » , elle pourrait être illustrée par des exemples aussi explicites dans d’autres familles politiques.

Si les scandales de corruption avec enrichissements personnel fortement médiatisés restent limités et sont fort justement poursuivis malgré des condamnation bien trop timides, le favoritisme et le clientélisme sont malheureusement entré dans les moeurs de beaucoup de nos politiques et sont  malheureusement acceptés par les citoyens avec résignation.

L’embauche d’un parent, d’un ami, l’attribution d’un logement social pour le neveu qui fait sa demande tandis que des familles entières ont constitué leur dossier depuis des années et stationnent dans la pile d’attente, le marché public attribué a une société dont le beau frère fait partie des dirigeant ou à celui  dont on sait qu’il a la carte politique localement prisée …

Toutes ces petites combines qui existent partout sont les plus nocives qui soient pour la démocratie et même si, comme s’en expliquent ceux qui les pratiquent par: « ça s’est toujours fait, c’est de bonne guerre » , elle sont parmi les pratiques  illégales, celles qui sont le plus « installées » dans la classe politique et surtout « dans la tête des électeurs »

Il ne faut pas s’étonner par la suite que le   »tous pourris »  soit utilisé par les extrémes et qu’on assiste à la perte quantitative de toute légitimité de beaucoup de nos élus qui continuent à s’accommoder d’obtenir des mandats avec 25% des électeurs inscrits, l’objectif principal étant finalement atteint, leur élection.

Anticor et notre groupe local anticor11 ne peuvent se résoudre à accepter ce glissement pervers du « politique » vers des pratiques qui, même si elles « seraient de bonne guerre » sont illégales et scandaleuses.

Alors,sans avoir besoin de recourir à des exemples provenant du Sénat comme dans l’article de Médiapart, localement, dans l’Aude et notamment  à Narbonne, une étude précise donnerait-elle  les mêmes résultats?

Cette étude, suite à des signalements de nos adhérents et sympathisants, anticor11 l’a lancée depuis plusieurs mois, soupçonnant un certain nombre de cas de favoritisme, que ce soit dans les embauches, dans l’attribution de logements sociaux ou dans l’attribution de marchés publics.

Les premiers résultats, confirmeront-ils  nos soupçons?

Dans les prochains jours, le début de notre étude qui tentera de répondre à la question: « Népotisme à Narbonne? »

Jean Marc ALRIC

Coordonnateur Anticor11

Mais pour aujourd’hui un exemple sur Médiapart

28 novembre 2011Par Mathilde Mathieu et Michaël Hajdenberg de MEDIAPART

« Au Sénat, les femmes et les enfants d’abord »

Au lendemain des sénatoriales, les anciens ont refilé le tuyau aux petits nouveaux: ici, on a le droit d’embaucher sa femme, son père, sa fille, son gendre, etc., comme assistant parlementaire. Alors que le Parlement européen prohibe le recrutement de «parents proches» depuis 2009 afin de prévenir les emplois fictifs, les cas se comptent par dizaines au Palais du Luxembourg. La nouvelle majorité de gauche y changera-t-elle quelque chose? Comme tant d’autres, le socialiste Gilbert Roger, à peine arrivé, a salarié son épouse aussi sec.

L’autorisation est d’ailleurs délivrée, noir sur blanc, dans les documents de bienvenue distribués aux nouveaux élus: ici, chacun dispose d’une enveloppe de 7.500 euros brut par mois pour salarier un, deux ou trois collaborateurs. L’un d’eux – un seul – peut être «membre de sa famille».

Simplement, les salaires de ces «assistants familiaux» sont encadrés: les épouses reçoivent un tiers au plus de l’enveloppe du parlementaire, soit 2500 euros brut par mois; les autres parents proches peuvent toucher jusqu’à 3800 euros. Sans compter 80 euros supplémentaires par année d’ancienneté.

Alors combien sont-ils exactement, ces «assistants familiaux», à travailler au Palais du Luxembourg ou en circonscription? Alors que les nouveaux élus n’ont pas fini de recruter, le service de presse avance déjà le chiffre de 64, rémunérés à temps plein ou partiel. Autrement dit: 64 sénateurs salarient un parent proche aux frais du contribuable – on en dénombrait même 76 à la veille des élections!

Ce chiffre est impossible à vérifier: aucune liste nominative des 901 assistants de sénateurs n’étant rendue publique, où fouiller… Un trombinoscope a bien été créé sur l’intranet du Sénat, mais l’inscription s’y fait sur la base du volontariat, après accord du parlementaire. Résultat: une minorité d’assistants s’y affichent, et certainement pas les cas problématiques.

Pour le syndicat des collaborateurs parlementaires du Sénat, l’USCP-Unsa, ce chiffre «pourrait être sous-estimé», notamment à cause des «embauches croisées» (“J’emploie ta femme, et toi la mienne”). «Une éventualité très limitée», selon le service de presse. Mais une éventualité tout de même.

Surtout, l’Unsa se dit «inquiète de voir le nombre d’emplois familiaux progresser» encore, à la faveur des dernières élections, «comme après les sénatoriales de 2008».

Pour le syndicat, qui compte sur la nouvelle majorité de gauche pour agir, «le problème n’est pas l’existence d’emplois familiaux en soi» – «la plupart sont des collègues qui travaillent effectivement et souvent beaucoup». En revanche, il dénonce les «emplois de complaisance», «qui représentent une proportion indéterminée mais importante», et «jettent l’opprobre sur l’institution parlementaire». Combien sont carrément fictifs?

«Si vous en trouvez un, vous me le dites», répond Jean-Marc Todeschini, nouveau questeur socialiste, désigné à ce poste de «grand argentier» du Sénat après la victoire de la gauche en septembre. Surveiller ce genre de dérives fait partie intégrante de son job. Le fera-t-il?

Il se trouve que lui aussi, dans sa permanence de Moselle, emploie un membre de sa famille. Une drôle de permanence collective qu’il partage avec sa collègue Gisèle Printz (élue depuis 1996), et dans laquelle «logeait» aussi le sénateur Jean-Pierre Masseret jusqu’en septembre dernier (battu après vingt-trois ans de mandat).

Dans ce bâtiment, on tombe non seulement sur la fille de Jean-Marc Todeschini (salariée par son père), mais aussi sur le neveu de Gisèle Printz (payé par sa tante) et sur l’épouse de Jean-Pierre Masseret (en contrat avec Mme Printz). Jusqu’aux sénatoriales de septembre, il fallait en plus compter la fille de Jean-Pierre Masseret (embauchée sur l’enveloppe de son père) et sa belle-fille (rémunérée par Jean-Marc Todeschini après l’avoir été par Jean-Pierre Masseret lui-même). Un journaliste met une semaine à y retrouver ses petits. En tout: cinq membres de la famille de l’un ou l’autre des sénateurs!

«C’est légal», répondent en chœur les intéressés. Au fil des ans, visiblement, les trois élus se sont réparti les contrats avec habileté, afin de respecter la règle d’un «assistant familial» par sénateur. Mais des opposants locaux s’offusquent, sous couvert d’anonymat, de cette «petite entreprise familiale», aux relents de «népotisme»