Comme en 2008, la France obtient un score de 6,9, arrivant ainsi au 24ème rang de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2009, publié le 17 novembre par TI. La France continue ainsi à véhiculer une image relativement dégradée de ses institutions publiques.

Principales conclusions de l’IPC 2009, la corruption risque de menacer la reprise économique mondiale. Les populations des pays en guerre restent par ailleurs les premières victimes de la corruption.

L’IPC évalue la perception, par les milieux d’affaires internationaux, du niveau de corruption affectant les administrations publiques et la classe politique de 180 pays.
Perception inchangée de la corruption en France

Avec un score identique à celui de 2008, la perception de la corruption touchant la classe politique et l’administration publique françaises n’a pas évolué.

A l’instar de certains de ses voisins européens comme la Belgique (21ème rang), l’Espagne (32ème) et l’Italie (63ème rang), pays secoués par des affaires de corruption ayant éclaboussé la sphère politique, l’actualité en France a été émaillée par plusieurs affaires. Deux procès retentissants – Angolagate, affaire Clearstream – ont impliqué des personnes au plus haut niveau de l’Etat. Cette année a également été marquée par les enquêtes visant Jacques Chirac, qui ont conduit à son renvoi, en octobre 2009, devant le tribunal correctionnel.

Enfin, plusieurs annonces de réforme dans le domaine de la justice ne laissent pas d’inquiéter à l’étranger sur la volonté française de faire la lumière sur les dossiers politico-financiers de grande ampleur. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, dans une résolution adoptée le 30 septembre 2009, a ainsi appelé la France à « revoir le projet de suppression des juges d’instruction » afin « d’éviter (de donner) l’impression que cette réforme vise à protéger la classe politique de tout contrôle judiciaire. »

Qu’est-ce que l’IPC ?
L’Indice de perception de la corruption de Transparency International classe les pays/territores en fonction de la perception du degré de corruption affectant les administrations publiques et la classe politique. C’est un indice composite – une enquête construite à partir d’enquêtes – qui utilise des informations relatives à la corruption rassemblées par des experts et des enquêtes réalisées par différentes institutions indépendantes internationalement reconnues. L’IPC prend en compte des points de vue du monde entier dont ceux d’experts résidant dans les pays évalués.

Comment la corruption est-elle définie dans le cadre de l’IPC ?
L’IPC a pour objectif de mesurer la corruption dans le secteur public. Les questions posées dans le cadre des enquêtes utilisées pour établir l’IPC concernent ainsi l’abus d’une charge publique à des fins d’enrichissement. Ces questions portent notamment sur : la corruption de fonctionnaires, le versement de pots-de-vin dans le cadre de marchés publics, le détournement de fonds publics ou encore la vigueur et l’efficacité des efforts déployés par les pouvoirs publics en matière de lutte contre la corruption, couvrant de ce fait les aspects administratifs et politiques de la corruption.