DSK l'air innocent

DSK l'air innocent

Cet article pourrait s’appeler :

Les Elites, politiques et intellectuelles à travers l’affaire DSK ou la corruption par les mots

Beaucoup de monde, tant au niveau des hommes et femmes politiques qu’au niveau des médias s’est exprimé sur l’affaire DSK, puis à partir  de cette affaire sur le système judiciaire aux états Unis.

Les premières vagues d’interventions ont été le déferlement insistant de prises de positions sur la présomption d’innocence parfaitement justifié dans cette affaire comme dans toutes les affaires.

Mais la quasi-unanimité des propos exprimait, au-delà de ce constat juridique nécessaire à rappeler, un soutien ému, ridicule, et même incongru et dangereux au Président du FMI en exercice et au candidat jusqu’alors le mieux placé pour être le Président de tous les Français :

« J’ai une pensée émue pour Dominique…

…je vous certifie que jamais je ne l’ai vu se comporter comme ça (évidement)…

…Dominique n’est pas capable de ce dont on l’accuse…

…l’hypothèse du complot est fort possible… »

Puis

Ce n’est que le troisième jour que des voix ce sont élevées pour finalement nous apprendre qu’il y avait une « victime » !

Ces phrases sont des exemples qui ont été prononcées par des personnalités politiques et retranscrites par la presse nationale Française et parfois locale.

Le traitement de l’information dans nos journaux télévisés mérite une comparaison avec le traitement  habituel lors de faits similaires.

Affaire X :

« Le violeur présumé a été arrêté suite à la description qu’a pu faire la victime »

Affaire DSK :

« Le Président du FMI a été arrêté suite aux déclarations d’une femme de ménage qu’il aurait violé.

La victime présumée… »

On notera que le citoyen lambda est lui, qualifié immédiatement de violeur, même si l’adjectif présumé y est accolé afin de ne pas tomber sous le coup de la loi.

Que la victime est appelée victime sans être affublée du qualificatif de présumé qui pourrait laisser planer un doute inutile en l’espèce.

Que le témoignage est qualifié de description afin de le rehausser quasiment au rang de preuve.

On notera à l’inverse que pour l’affaire DSK on parle d’abord de l’arrestation qui repose sur des déclarations…finalement pourrait-on dire, qui ne repose QUE sur des déclarations…

Dans le premier membre de phrase, on remarquera que le terme de victime n’est même pas utilisé, c’est le métier de la personne qui la désigne, une FEMME de MENAGE qu’il faut bien sur mettre en parallèle avec le statut social de DSK, le Président du FMI.

Le décor est bien planté et se termine dans un deuxième membre de phrase…c’est long à sortir mais c’est quand même obligatoire de le dire, la victime PRESUMEE.

Si après avoir reçu cette information pour la première fois vous n’avez pas un doute sur les déviances sexuelles (présumées pour ne pas tomber sous le coup de la loi) de DSK c’est que…pas possible, vous étiez  dans la chambre d’hôtel !

Par la suite on vous informe sur la critique que vous devez obligatoirement avoir sur le système judiciaire Américain.

« DSK est amené menotté, pas rasé sous l’œil des caméras et les flashs de la presse…

Il est jeté en pâture …les camera filment ses faits et gestes tout au long de l’audience…il passera 4 nuits en prison dans la solitude de sa cellule…il aura le même repas que les 13000 autres prisonniers…il ne pourra sortir que parce qu’il a versé 1 Million de caution, 5 millions de dépôt de garantie et tout en portant un bracelet électronique il devra payer la location de son appartement et les services d’une société de surveillance jusqu’à son procès… »

Nos politiques ont été scandalisés par le sort qui lui a été réservé, certain même reniflaient fortement devant les micros des journalistes pour ravaler leurs sanglots…

Et la critique des médias et du système judiciaire Américain à démarrée bon train.

Mais jamais à ma connaissance de critiques sur l’inégalité scandaleuse et pourtant si évidente de cet aspect du fonctionnement Américain qui aboutit au résultat qu’un personnage public, riche et membre de l’élite s’il est jeté en pâture sous l’œil des caméras subi cette situation que ne subi pas le citoyen Américain lambda tout simplement car le citoyen lambda n’intéresse lui, personne.

Mais à la différence, le citoyen lambda qui va aussi au tribunal menotté et pas rasé, au sortir de l’audience comme il n’a pas les moyens de verser une caution ira directement en prison pour de longs mois avant son procès, dans une cellule ou bien évidement il n’aura pas le loisir de connaître la solitude entouré qu’il sera d’autres détenus à qui on aura glissé à l’oreille que c’est un violeur.

Dans ce cas là parait-il ; la solitude n’a pas de prix…

Aujourd’hui comme dès le premier jour, sans éléments plus précis mais sur le simple constat que les difficultés certaines rencontrées par une femme qui déclare qu’elle vient de se faire violer font que 90% d’entre elles n’osent rien dire et essayent la plupart du temps en vain de se reconstruire, je crois jusqu’à preuve du contraire la victime, celle qui exerçait la profession de femme de ménage.

Je n’avais ni sympathie particulière ni antipathie pour DSK mais seulement de l’incompréhension  pour la politique de droite que menait cet élu de gauche…

Mais demain, je souhaite fortement qu’il soit disculpé des 7 chefs d’accusation qui ont été retenus contre lui.

En effet, c’est à cette seule condition que nos élites politiques et intellectuelles pourront justifier le caractère incongru de leurs prises de position initiales.

Ils pourront dire : « vous voyez ! On s’en  doutait depuis le début… »

Dans le cas contraire, si DSK passe du statut de violeur présumé à celui de violeur confirmé,

J’ai la crainte que le fossé qui inexorablement se creuse entre les élites et les citoyens entraine une catastrophe pour notre démocratie.

Puisque les attitudes actuelles des politiques et des médias, dans le cadre d’une culpabilité avérée renverront avec plus de force encore, l’image clanique et quasiment mafieuse de ce soutien indéfectible entre membres appartenant à une même caste, l’élite.

Alors même si l’envie que DSK redevienne le gentil responsable politique, psychologiquement équilibré que ces amis ont déclaré qu’il était, en étant acquitté, soit le cadet de mes soucis, c’est une nécessité pour notre démocratie.

Jean-Marc ALRIC

Anticor11