Édition du vendredi 17 décembre 2010 midi libre

 

Déchets Les anti-Lassac musclent leurs attaques

RAPPEL Les opposants ont obtenu l’annulation du plan d’élimination des déchets et de la délégation à Séché

L’annulation, par le tribunal administratif de Montpellier, le 3 décembre, du plan départemental d’élimination des déchets, d’une part ; de la délégation de service public accordée par le syndicat des ordures ménagères (Sydom) au groupe Séché, d’autre part, ont renforcé les opposants au projet de centre d’enfouissement de Lassac.

Hier matin, Jean-Louis Tessié, président de Terres d’Orbiel ; Guy Augé et Henri de Marion, pour l’association des riverains de Salsigne, et François Espuche, pour celle des Gratte-Papiers, auteurs des recours qui ont conduit à ces deux annulations, sont revenus sur leur long combat, lors d’une conférence de presse à laquelle avait été invité Emmanuel Bresson, maire de Belcaire et nouveau président de l’UMP audoise   (lire ci-dessous)

L’occasion, pour les premiers, de souligner « la justesse » et « la pertinence » du combat qu’ils mènent « depuis plus de six ans » face au conseil général et à ses satellites, et que « la justice vient de conforter officiellement, au nom du peuple français ».

Ainsi, estiment les opposants à Lassac, est condamnée « la méthode d’un conseil général féodal, obscur et aveugle, qui méprise les citoyens, les lois et les décisions de justice » ; celles qui, précisément, jalonnent le long feuilleton ‘Lassac’ et ses avatars.

Face à un exécutif départemental qui « continue de clamer que le projet Lassac est toujours le meilleur pour les Audois », les opposants ont, hier, clairement manifesté leur volonté de passer à la vitesse supérieure, sur trois points qui nourrissent autant de contentieux en justice :

  - 1. la plainte pour faux et usage de faux, en cours d’instruction au parquet de Carcassonne, visant les conditions dans lesquelles Lassac a été « imposé », à la suite d’une décision « politique » ;

  - 2. la plainte des riverains pour empoisoinnement, initialement classée sans suite par le pôle de santé publique de Marseille, mais qui doit être relancée par une constitution de partie civile.   « Nous n’accepterons pas qu’une nouvelle pollution (Ndlr : le centre de Lassac)   vienne s’ajouter à la pollution à l’arsenic », clament les opposants ;

  - 3. une action civile en responsabilité contre l’État et ses services, concernant cette même pollution et les conséquences sanitaires, environnementales et patrimoniales qu’elle a eu pour les habitants de la vallée de l’Orbiel.

Une récente réunion à Lastours a rassemblé une centaine de personnes, qui pourraient se joindre à cette action. Une nouvelle réunion, animée par M   e Jean-Paul Teissonnière, avocat au barreau de Paris, en charge du dossier, doit suivre. Jean-Louis Tessié l’a redit :   « Notre détermination est sans faille ».
V.B.