Narbonne  L’association Anticor risque de perdre son sang froid

La gestation du groupe local d’Anticor s’annonce difficile. Vendredi soir, le président national est venu présenter la démarche de cette association républicaine qui veut lutter contre la corruption. Il a aussi découvert des spécificités du microcosme local.


Noyauté ou pas ? Il a fallu plus d’une heure et demi pour entrer dans le vif du sujet et aborder la question de la représentation de l’opposition municipale dans la préfiguration du groupe local d’Anticor porté par Jean-Marc Alric et Thierry Barrière. Vendredi soir, ils entouraient Jean-Pierre Roux, le préside nt de l’association. « Le développement des groupes locaux est une priorité pour faire exister Anticor, ce mouvement n’est ni à droite, ni à gauche, c’est un contre-pouvoir », a souligné Jean-Pierre Roux, venu rencontrer l’équipe audoise.
Jean-Marc

Alric, qui s’est lancé dans la création de ce groupe local à vocation départementale, s’est tout naturellement tourné vers sa famille politique et la démarche interpelle, voire dérange. Trois parrains se sont engagés à ses côtés : Isabelle Chésa (UMP), Michel Moynier (NN) et Eric Andrieu (PS). Aucun n’était présent vendredi soir.
Trop de NN ?

En revanche dans la petite assemblée venue faire connaissance avec Anticor de nombreuses personnes proches de Nouveau Narbonne sont là et quelques rares curieux. Une première intervention note avec beaucoup de circonspection « il faut éviter l’écueil du monopole« , ce à quoi Jean-Marc Alric rassurant répond : « des personnes de l’ancienne équipe municipale, tout comme de la nouvelle peuvent venir, il y a des compétences partout ». Une main se lève. « Compte tenu de la profession de foi de votre association, je m’étonne de la présence comme parrain de deux anciens conseillers régionaux (NDLR : Isabelle Chésa et Michel Moynier) qui ont participé à une majorité qui a été élue avec le Front national, je pense qu’il faut engager une vérita ble réflexion« , fait remarquer non sans malice un fin observateur de la vie locale. La passe manque de s’engager à fleuret moucheté avec Thierry Barrière sous les yeux du président, décontenancé et franchement surpris du tour des débats. Pour apaiser, il assure « les hommes politiques changent aussi avec le temps… », rappelant au passage « ce n’est pas les convictions politiques qui nous intéressent, c’est l’éthique« . « De toute façon, nous pensons supprimer les comités de parrainage » reprend-il. Une participante a résumé le sentiment général : « cela m’intéresse mais j’ai envie de voir comment ça va évoluer« .

Caroline Lemaître