Archive pour catégorie Brousses-et-Villaret

Les gendarmes à Brousses-et-Villaret

Midi Libre
Édition du samedi 10 juillet 2010
Carcassonne. Enquête Les gendarmes à Brousses-et-Villaret

Les gendarmes de la brigade de recherches de Carcassonne ont été saisis des investigations, à la suite de la plainte pour « abus de confiance » et « complicité » que vient de déposer Danièle Nicolaou, maire de Brousses-et-Villaret, a indiqué, hier, Francis Battut, procureur de la République de Carcassonne.
Dans cette plainte, transmise au parquet à la mi-juin, la nouvelle équipe municipale demande à la justice de faire toute la lumière sur une série de factures qui mettent en cause l’ancien maire, Pierre Inard, démissionnaire en 2008, et un élu toujours en poste, par ailleurs artisan-maçon, concernant des travaux censés avoir été réalisés dans les églises de Brousses et du Villaret, ainsi que sur d’autres bâtiments communaux.
En cause, comme Midi Libre l’a révélé les 27 et 31 mai, des « fausses factures » présumées, établies entre 1997 et 2009, selon les documents découverts par la nouvelle municipalité dans les archives.
Sollicité par Midi Libre , Pierre Inard avait qualifié les mises en cause d’« accusations fantaisistes » . Le maçon cité n’a, lui, pas souhaité répondre à nos questions. Tous deux bénéficient de la présomption d’innocence.

V.B.

Affaires Brousses-et-Villaret rattrapé par ses démons

Édition du jeudi 27 mai 2010
Midi Libre
Carcassonne. Affaires Brousses-et-Villaret rattrapé par ses démons
RAPPEL : En février 2009, l’ancien maire a été jugé en correctionnelle

Deux ans après la démission de Pierre Inard, maire de 1977 à 2008, condamné depuis par la justice (lire ci-dessous) , Brousses-et-Villaret est rattrapé par ses vieux démons. En cause, des factures douteuses portant, pour l’essentiel, sur des travaux réalisés entre 2000 et 2005 sur les églises de Brousses et du Villaret .
Dans ce hameau, Danièle Nicolaou, maire, a même dû faire fermer l’édifice, en mai 2009, en raison de son « état de délabrement » et d’un toit qui « menace de s’effondrer » . Coût de la remise en état : 70 000 €. A Brousses aussi, de gros travaux (39 000 €) doivent être engagés, du fait d’infiltrations récurrentes.
Et pourtant ! Au vu des factures retrouvées dans la comptabilité municipale, de nombreuses interventions – certaines subventionnées par l’État ou le conseil général – ont été réalisées par un maçon du village, par ailleurs conseiller municipal depuis 1983. Danièle Nicolaou l’a donc invité, le 8 mai dernier, à faire intervenir sa garantie décennale. C’est ainsi que trois élus ont recueilli les singulières déclarations de leur collègue, réitérées le 10 mai en présence, cette fois-ci, de huit élus. En substance : « Les travaux sur l’église de Brousses, comme ceux sur celle du Villaret, je ne les ai jamais effectués. Ces factures sont fausses : c’est à la demande de l’ancien maire qu’elles ont été établies, pour toucher des subventions » (*) .
En étudiant attentivement les comptes archivés, les élus ont, à ce stade, chiffré à plus de 38 000 € les interventions de leur collègue sur les deux églises, entre 2000 et 2005. Mais ils sont également tombés sur quelques « perles » : des délibérations attribuant des chantiers à cet élu sans mise en concurrence préalable ; un courrier signé par l’ancien maire, en 2005, invitant un autre entrepreneur à faire une fausse facture ; une autre facture, plus ancienne, mentionnant la pose de tuiles canal sur le toit de l’église de Brousses, alors que celui-ci est en ardoise – « J’ai pas été bon, j’aurais pu faire mieux », a concédé le maçon – ; une autre, encore, datant de 2007, pour la réalisation de murets en pierres sèches ornant la fontaine du village, alors que les travaux ont été faits par un employé municipal…
Comme le dit Danièle Nicolaou, « on ne reproche rien à cet élu, c’est lui qui nous a avoué avoir fait des fausses factures. Mais ce sont des deniers publics qui ont été utilisés. On aimerait savoir où ils sont passés ». La justice va être prochainement saisie, pour faire toute la lumière sur ces douteuses factures.

Vincent BOILLOT
(*) Sollicité par Midi Libre , cet élu, qui bénéficie de la présomption d’innocence, n’a pas donné suite.