prise illégale d’intérêt à Villardonnel: suite

Édition du jeudi 4 mars 2010
N. A.-V.

Carcassonne. VillardonnelDeux mois avec sursis requis contre le couple Zenoni
RAPPEL : L’ancienne élue municipale, son mari et l’ancien maire étaient jugés, hier, pour prise illégale d’intérêts

Deux mois de prison avec sursis et 15 000 € d’amende chacun ont été requis par le procureur Francis Battut, hier, contre Marie-Thérèse et Jean-Pierre Zenoni, la première poursuivie pour « prise illégale d’intérêts » et le second pour « complicité » . Contre l’ancien maire, Jean Miramond, cité pour « complicité » lui aussi, le ministère public s’en est remis au tribunal.
En cause dans cette affaire, le rôle joué par Marie-Thérèse Zenoni, conseillère municipale de Villardonnel de 1995 à mars 2008, dans la vente des terrains de La Royale, acquis par elle et son mari, à l’opérateur du complexe de golf, ainsi que dans la constitution du dossier d’unité touristique nouvelle (UTN).
Au départ de la procédure, une lettre du préfet au parquet, datée du 10 juin 2008, s’interrogeant sur la participation et les intérêts financiers de M me Zenoni du temps où elle était élue. Saisie par le procureur, la police judiciaire va alors réaliser l’historique de ce projet d’UTN.
Au début des années 80, Jean-Pierre Zenoni hérite de plusieurs hectares de vignes et entreprend de racheter toutes les parcelles adjacentes. En 1990, un tiers lui présente un investisseur anglais, le groupe Wade, qui, sur 200 ha, projette d’aménager un golf. Le rachat des terrains est fixé à 12 millions de francs. L’UTN est accordée en 1991 et, en 1993, un sous-seing privé est signé entre les époux Zenoni et Wade.
En 1995, l’UTN, accordée en 1991 pour une durée de quatre ans, devient caduque, faute de réalisation du projet. Trois mois plus tard, M me Zenoni sollicite Jean Miramond pour figurer sur sa liste aux municipales. Celui-ci refuse, estimant à la barre que « cela aurait été gênant car on souhaitait relancer l’UTN ». Marie-Thérèse Zenoni se présente seule et est élue. En 2001, elle sera élue directement sur la liste du maire sortant.
En 2002, le projet est relancé et, en 2004, une nouvelle UTN est accordée. Le conseil municipal est amené à se prononcer sur le dossier, au travers de 7 délibérations évoquées à l’audience. M me Zenoni participe à chaque séance, contrairement à ce que prévoit la loi. « Quand quelqu’un était concerné par un dossier, je lui demandais de ne pas prendre part aux débats » , note Jean Miramond.
Certes. Mais le président Desfontaine entend aller plus loin : « A de multiples stades de la procédure, M me Zenoni est considérée comme la référente du dossier de la Royale » . Et de citer quatre témoignages précis. « Elle me tenait au courant, elle portait les dossiers » , maintient l’ancien maire. « J’ai fait un travail de secrétariat à partir d’octobre 2004. Avant, je n’ai rien fait » , minimise son ancienne colistière.
Mais alors pourquoi, déjà le 4 mars 1996, assistait-elle à des réunions concernant La Royale en préfecture aux côtés de son mari, décrit comme « le porte-parole du groupe Wade en France » ? « J’étais là en tant que propriétaire » , se défend-elle. Pourquoi, le 10 avril 2003, assiste-t-elle à une réunion avec le trésorier payeur général, en tant que « propriétaire et conseillère municipale » ? Et était-elle dans la salle du conseil municipal lors de ces fameuses délibérations ? « Je suis incapable de vous le dire. Il a pu arriver que je sorte fumer une cigarette… ».
Des arguments qui n’ont guère convaincu M e Jean-Robert Phung, défendant les intérêts de la commune. En se projetant sur l’avenir et la récente plainte pour « favoritisme » visant l’attribution de l’aménagement du complexe de La Royale à LBC (lire ci-contre) , l’avocat montpelliérain a focalisé sa plaidoirie sur les 200 ha de terrains vendus en 2005 et 2006 par le couple Zenoni et sur les « 4,1 M€ » qu’il a engrangés.
Le procureur Francis Battut a, quant à lui, égrené les articles de loi caractérisant les faits : « Ce sont ses terrains qu’elle va vendre à l’opérateur… Même l’intérêt moral suffit à établir le caractère délictueux de l’acte incriminé : quand la délibération porte sur un intérêt, la surveillance ou l’administration d’une opération, l’élément moral est caractérisé » .
M e Jean-Louis Ciréra, pour la défense, s’est quant à lui appuyé sur des jurisprudences, avant de plaider la prescription des faits et la méconnaissance, pour les prévenus, des dispositions du code des collectivités territoriales.
Le jugement a été mis en délibéré au 31 mars.

Arnaud CHABÉ

Le cumul des mandats

Sur nos 573 Députés

Seulement 73 n’excercent qu’un seul mandat!

332 cumulent 2 mandats
148 cumulent 3 mandats
23 cumulent 4 mandats

Sur nos 344 Sénateurs:

Seulement 88 n’excercent qu’un seul mandat!

111 cumulent 2 mandats
110 cumulent 3 mandats
34 cumulent 4 mandats

On comprend alors la faible présence de certains de nos représentants à l’assemblée, qu’on peut consulter sur le site de nosdéputés.fr disponible en lien.
Dans l’Aude sur les 12 derniers mois par semaines de présence relevées, les chiffres vont de 6 à 27 semaines.
Au niveau de la région Languedoc Roussillon ces chiffres font état d’écarts entre 0 semaines de présence et 35 semaines de présences relevées.

Sur les 21 circonscriptions de notre région, aux 5 premières places des plus assidus, on trouve:

Jean-Marc Roubaud, député UMP de la 3ème circonscription du Gard 35 semaines.
Robert Lecou, député groupe UMP (Parti Radical Valoisien) de la 4ème circonscription de l’Hérault 32 semaines.
Élie Aboud, député UMP de la 6ème circonscription de l’Hérault 29 semaines.
Pierre Morel-A-L’Huissier, député UMP de la 2ème circonscription de la Lozère 28 semaines.
Jacques Bascou, député SRC (PS) de la 2ème circonscription de l’Aude 27 semaines à égalité avec,
William Dumas, député SRC (PS) de la 5ème circonscription du Gard 27 semaines.

Nous tairons les noms des autres qui se reconnaitrons et qui pour au moins 4 d’entre eux n’auront pas de difficultés à progresser ( présence inférieure à 9 semaines sur les 12 derniers mois).

Nos députés
Des débats « houleux » en images !

et ce sont « eux » qui votent nos Lois….

Les chiffres précédents expliquent certainement cela…le cumul fatigue énormément…

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Promouvoir la politique passe par la lutte contre la corruption

En cette période de campagne électorale, les valeurs véhiculées par Anticor apparaissent plus que jamais comme une nécessité.
Voici les 3 engagements figurants sur la Charte éthique pour les régionales de mars 2010 qui nous semblent en ces temps d’élection, s’ils étaient respectés, les plus à même de redonner aux électeur, confiance en leurs futurs élus.

1 – Non cumul et limitation dans le temps des mandats et des fonctions exécutives
Le cumul des mandats et des fonctions exécutives dans le temps et l’espace est un facteur favorisant clientélisme et conflits d’intérêts.
Afin de servir l’intérêt général et non sa seule carrière politique, un élu doit pouvoir se consacrer à son mandat et à la réalisation de ses engagements électoraux. C’est un élément déterminant pour restaurer la confiance des citoyens envers la représentation politique. C’est le moyen d’éviter la collusion entre les pouvoirs politiques, économiques, financiers et médiatiques en renouvelant fréquemment le personnel politique.
Il va de soi que le non cumul doit être étroitement associé à un véritable statut de l’élu qui, selon Anticor, est un contrat de mandat comprenant des droits (notamment le congé électif pour le retour des salariés du privé dans leur entreprise) et des obligations.

8 – Suspension de ses fonctions exécutives d’un élu condamné pour délits financiers en première instance et faisant appel
Lorsqu’un élu est condamné en première instance pour un délit financier, il est souhaitable que ses fonctions soient interrompues jusqu’au jugement définitif, afin que la justice puisse suivre son cours en toute sérénité. Ce principe s’inspire de la morale républicaine qui veut que tout élu soit un modèle d’exemplarité pour l’ensemble des citoyens.

9 – Inéligibilité définitive des élus condamnés pour délits financiers
Actuellement, le législateur a prévu la possibilité d’inéligibilité jusqu’à 10 ans d’un élu condamné pour corruption. Dans la pratique le juge reste souverain et les condamnations sont rarement de plus d’un an. Outre le fait que les peines sont le plus souvent amnistiables, il est anormal et choquant qu’un élu ayant détourné l’argent du contribuable puisse se représenter à une élection, alors qu’un fonctionnaire ou un comptable dans une société se verrait révoquer définitivement.
De même que certaines professions exigent un casier judiciaire vierge, nous proposons de faire de l’absence de condamnation pour des délits financiers ayant trait à l’argent public, une nouvelle clause d’éligibilité. Une telle mesure est la meilleure sanction dissuasive contre la corruption.

55 % de sondés “peu ou pas du tout intéressés”
D’autant que le scrutin ne semble pas mobiliser les foules.
Seules 49 % des personnes interrogées par Opinionway se disent certaines d’aller voter, tandis que 55 % des sondés se sont déclarés “peu ou pas du tout intéressés” par les élections à TNS-Sofres.

Si malheureusement ces sondages venaient à se réaliser, en cas de triangulaires prévisibles dans la grande majorité des régions, un Président de Conseil régional élu au second tour avec 40% des voix, assierait sa « légitimité » sur 20% des électeurs.
Il pourra donc s’enorgueillir d’avoir le soutien de 10% des habitants d’une région…
Triste résultat pour un triste spectacle de campagne.

La grande majorité des élus et des candidats ne méritent pas ça, il est urgent de réhabiliter l’image du politique, de nos 500 000 élus de tout bords qui excercent leurs mandats par conviction et de façon désintéressée et honnête.

Pour que l’électeur retrouve la confiance dans ses élus, c’est à eux tout d’abord d’accepter que leur pairs qui utilisent leurs mandats à des fins personnelles, lorsqu’ils sont condamnés pour des délits financiers soient définitivement inéligibles.

Le diagnostic d’une démocratie malade est reconnu par tous, son traitement et sa guérison espérée passe nécessairement par cet engagement fort.
Les politiques honnêtes doivent s’engager au coté d’Anticor, signer sa charte et promouvoir ses principes.
Pour cela, une adhésion par le site national est possible ou localement, après contact auprés du Coordonnateur Département au 06 23 95 63 17

REPRISE DES ACTIVITES D’ANTICOR 11

Les activités d’Anticor 11 n’ont pas été totalement suspendues de novembre 2009 à aujourd’hui, mais se sont faites plus discrètes en raison principalement de la mobilisation nécessaire d’une partie de ses membres qui ont été inquiétés et qui se sont investis dans l’affaire des mutations professionnelles brutales qu’ils ont subis dans l’Association Sociale et Médicale (ASM) et qu’ils ont décrites dans le blog ami: collectif ASM  » les mutés mutins ».
Aujourd’hui le relai étant pris par deux cabinets d’avocats, la nécessaire et malheureuse parenthèse d’une affaire sociale qui continue, peut se refermer pour les membres d’Anticor 11, qui pourront s’investir et relancer les activités de notre groupement local.
Le débat lié à la campagne pour les élections Régionales nous oblige néanmoins à programmer nos actions après ces échéances des 14 et 21 mars 2010.
Début avril, une réunion du bureau provisoire d’Anticor 11 se tiendra à Narbonne.
Courant mai, une prise de rendez vous pour faire connaitre Anticor 11 sera programmée avec Didier CODORNIOU, tête de liste Audoise aux éléctions régionales, divers gauche, qui en a accepté le principe.
Fin mai, une réunion publique se tiendra à Carcassonne, la date sera communiquée ultérieurement.

Le promoteur de « La Royale » sort de l’ombre

Édition du vendredi 27 novembre 2009

Carcassonne. Villardonnel Le promoteur de « La Royale » sort de l’ombre

 

Le complexe résidentiel et de loisirs de La Royale, à Villardonnel, va-t-il enfin sortir de l’ombre ? « Oui » , répond Jacques Ouwerx, représentant de la société Land Bridge Capital (lire ci-dessous) .
Hier matin, il a tenu une conférence de presse pour présenter le projet, dans lequel il assure avoir « déjà investi plus de 7 millions d’euros » . Entouré de M e Pierre Morel, avocat parisien, et de Thierry Lefebvre, spécialiste de l’aménagement des golfs recruté par LBC, Jacques Ouwerx reconnaît avoir « failli dans la communication » (…). Je voulais régler toutes les autorisations avant d’intervenir publiquement. J’ai eu tort ».
Et l’aménageur d’exposer : « LBC est une société par actions simplifiée au capital de 1 million d’euros, présidée par John Wright

et dont les associés sont Jacques Ouwerx et LBC ». Elle est « financée par une fondation familiale » , la sienne, « qui investit dans des projets fonciers et immobiliers en partenariat avec la société Savill’s ».
LBC, propriétaire des terrains depuis 2005, porte le projet La Royale qui comprend « un golf de 18 trous, un club-house, un hôtel, une résidence de tourisme, des restaurants et magasins, un centre aquatique, des villas, etc ». Le chantier a démarré en automne 2008 et « nous espérons ouvrir les neuf premiers trous en juin 2011 et le golf entier en juin 2012 » . Pour les hameaux, les installations sportives et l’hôtel, « le calendrier dépend de l’avancée de la première phase. Une fois que le golf sera prêt, nous pourrons aller chercher des investisseurs pour avancer les autres phases ».
Outre les procédures judiciaires en cours (lire ci-contre) , reste à régler les litiges qui opposent LBC à la commune de Villardonnel, depuis les élections de mars 2008. Celui du déclassement du chemin communal, d’abord voté, puis annulé par le conseil municipal. LBC a déposé un recours devant le tribunal administratif. Déboutée « pour une raison de procédure » , elle a fait appel.
Autre problème, la caution bancaire. Le maire, Daniel Géri, réclame qu’elle soit déposée pour l’ensemble du projet. « Ce n’est pas nécessaire, rétorque M e Morel. Elle ne porte que sur les équipements publics : le réservoir d’eau potable, les réseaux d’eaux potable et usées et la station d’épuration ». « Ces travaux n’interviendront que dans la deuxième phase, avec la construction du premier hameau » , ajoute Jacques Ouwerx, pour qui La Royale est « une réalisation privée, financée par des capitaux privés, sans aide publique ».
Concernant les relations tendues avec la municipalité de Villardonnel, Jacques Ouwerx assure ne demander qu’une chose : « Rencontrer M. Géri et discuter sereinement avec lui ». Ajoutant : « Je suis d’accord pour que le préfet organise une rencontre et joue un rôle de médiateur ».
La bonne volonté affichée par Jacques Ouwerx suffira-t-elle à dissiper le trouble qui entoure ce dossier ? Photo Nathalie AMEN-VALS

Séverine TROUCAT (L’Indépendant)